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dimanche 26 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Charlots' Connexion de Jean Couturier (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Charlots' Connexion de Jean Couturier est comme un îlot d'espoir placé au beau milieu d'un océan de merde, entre deux immenses purges signées de Michel Vocoret en 1983 (Le retour des bidasses en folie) et Jean Sarrus en 1992 (Le retour des Charlots). Et aussi incroyable, aussi inattendu, aussi miraculeux que cela puisse paraître, le second et dernier long-métrage à avoir été mis en scène en solo par Jean Couturier n'est pas l'abjection à laquelle nous aurions pu nous attendre. N'atteignant cependant jamais les qualités toutes relatives de quelques savoureuses franchouillardises proposées par le quintette Les Charlots au début de leur carrière sur grand écran, Charlots' Connexion n'en est pas moins salvateur pour quiconque dû subir quelques années auparavant les troisièmes aventures des Bidasses, œuvre ô combien inutile et démontrant qu'il faut parfois savoir s'arrêter au bon moment. Faut-il être financièrement blindé ou être pécuniairement suicidaire que l'on peut parfois se demander ce qui peut pousser certains producteurs comme Christian Ardan et Edgar Oppenheimer à vouloir réinjecter de l'argent dans une nouvelle comédie estampillées ''Les Charlots'' après le naufrage artistique que représenta Le retour des bidasses en folie. La réponse se trouvant très exactement au sein des résultats atteints par ce dernier puisque même si le film de Michel Vocoret n'atteignit pas le record historique de 7 460 911 de spectateurs détenu par Les bidasses en folie de Claude Zidi en 1971, les deux hommes supposèrent avec bonheur que la comédie française typée 'bidasses'' avait de fortes tendances à attirer le public devant les salles de cinéma. Les bidasses s'en vont en guerre toujours réalisé par Claude Zidi en 1974 confirmant cet état de fait après une lente mais perceptible périclitation du Grand Œuvre de la troupe entre Les fous du stade (5 744 270 d'entrées) et A nous 4 cardinal (1 386 200 d'entrées) ! Et même si Le Retour des bidasses en folie n'attirera au final qu'un peu plus d'un million et cent-mille spectateurs dans les salles pour un budget que l'on devine avoir été ridicule, la barre du million dépassée a probablement la première des motivations pour Christian Ardan et Edgar Oppenheimer qui se lancèrent donc rapidement dans la production du quinzième et de ce qui allait devenir l'avant-dernier long-métrage des Charlots. Ou du moins, de ce qui allait rester du groupe en fin de course...


Nous reviendrons très bientôt sur le médiocre Retour des Charlots de Jean Sarrus réalisé en 1992 mais en attendant, évoquons donc Charlots' Connexion qui derrière ce titre un peu plus ''énigmatique'' qu'à l'accoutumée cache une comédie typique de celles qui depuis leurs débuts mirent en scène Gérard Rinadi, Jean Sarrus ou encore Gérard Filipelli (sans compter Jean-Guy Fechner qui fut le premier à quitter la bande). Désormais, en attendant de trouver du boulot, Gérard, Jean et Phil jouent qui de la guitare, qui de la basse, qui de la trompette à l'église lors des cérémonies de mariages lorsque les trois hommes sont repérés par Monsieur Marcaud (l'acteur Henri Garcin) qui leur propose de travailler pour lui. Leur objectif est simple. Recueillir des ''loyers'' chez divers commerçants. Un travail qu'ils acceptent immédiatement sans pour autant savoir qu'en réalité il s'agit d'un racket pur et simple. Lorsqu'ils découvrent que la jolie blanchisseuse Juliette (Carole Lixon) et ses deux tantes (incarnées par Paulette Dubost et Jacqueline Doyen) sont elles-mêmes rackettées par leur nouvel employeur, Gérard, Jean et Phil décident d'abandonner leur boulot et de venir en aide à la jeune femme. Cependant, Monsieur Marcaud ne le voit pas de cet œil là et commande à ses deux gardes du corps de faire comprendre aux trois hommes qu'on ne laisse pas tomber un contrat aussi facilement. En parallèle aux magouilles de Marcaud, Liane (Alexandra Stewart), son épouse et principale concurrente, décide elle aussi de s'en prendre à nos trois héros, convaincue que leur présence risque de faire du tort à son propre trafic ! Contrairement au précédent long-métrage des Charlots tout comme pour le dernier que seulement deux des membres incarneront sur le tard, en 1992, le scénario de René Havard et son adaptation par Richard Balducci sont plutôt cohérents et ne ressemblent pas qu'à un assemblage de gags dont la continuité serait brisée par une somme d'incohérences scénaristiques. Ici, tout est construit comme une comédie, entre humour et crime, où chaque étape est parfaitement définissable. Même lorsque Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard Filipelli se retrouvent au final à devoir faire les pitres comme lors de la séquence située dans un parc de dinosaures où nos héros se battent, affublés de peaux de bêtes et de gourdins en bois ! Bref, le niveau est ici partiellement rehaussé... Et cela avant le naufrage définitif qui aura lieu huit ans plus tard avec Le retour des Charlots...

 

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