Depuis treize années
qu'est sorti sur les écrans de cinéma le troisième volet de la
saga Le cœur des hommes,
Marc Esposito, le scénariste et le réalisateur de cette très
sympathique et très touchante trilogie n'a plus donné signe de vie.
Ce qui laisse peu d'espoir de découvrir un jour un quatrième opus.
D'autant plus que ses interprètes ont depuis pris de la bouteille et
que le cinéaste est parti s'installer à Bali afin d'y écrire
notamment son autobiographie intitulée Mémoires
d'un enfant du cinéma.
Un titre qui en 2019 semblait annoncer une fin de carrière mais que
l'on espère encore n'avoir été qu'un effet de manche... Après
deux premiers volets plutôt bien accueillis, Le
cœur des hommes 3
subit quant à lui les foudres de la critique dite professionnelle,
laquelle s'indigne de temps de vulgarité, de misogynie et de
machisme. Comme si tout cela était nouveau et n'avait pas eu lieu
dans les épisodes 1 et 2 ! Comme si les critiques en question
découvraient que oui, les personnages masculins, héros de ce
nouveau récit, aimaient les femmes. Et qu'entre hommes, ils avaient
tendance à ironiser sur les relations qu'ils entretiennent avec
elles, chacun de leur côté. Très officiellement ou dans l'ombre
d'une chambre d'hôtel. Partageant nombre d'anecdotes pas toujours
très raffinées, plutô croustillantes, cela s'entend, mais dans la
droite lignée de tout ce que nous avions pu entendre depuis la
naissance de la saga dix ans auparavant. Peut-être plus ambitieux
que le premier mais un peu moins que le second avec un budget revu
légèrement à la baisse, Le cœur des hommes 3
a reçu de la part du public un accueil relativement frileux puisque
pour un financement de huit millions et cinq-cent mille euros, le
long-métrage de Marc Esposito n'en a rapporté qu'un peu plus de
quatre... à l'échelle mondiale ! L'une des différences
fondamentales concerne ici l'absence de l'acteur Gérard Darmon qui
jusque là interprétait le rôle de Jeff. L'un des membres de la
bande des quatre complétée par Antoine (Bernard Campan), Alex (Marc
Lavoine) et Manu (Jean-Pierre Darroussin). Alors qu'ils se
connaissent déjà depuis près d'un quart de siècle, Marc Esposito
et Gérard Darmon se retrouvent donc sur les plateaux de tournages du
Cœur des hommes 1
& 2
mais pas sur celui du troisième. Pourquoi ? Pour des raisons
relativement confuses qui selon le cinéastes ont ''creusé
un fossé''
entre les deux hommes...
Afin
de parer à l'absence de Gérard Darmon, Marc Esposito engage sur le
tournage du troisième volet l'acteur Éric Elmosnino dont la
carrière a pris un sacré coup de fouet depuis son incarnation de
Serge Gainsbourg dans le pseudo-biopic Gainsbourg
(vie héroïque)
de Joann Sfar en 2010. L'acteur y prend naturellement la place de
Gérard Darmon sans toutefois reprendre le rôle de Jeff puisqu'il
incarne celui de Jean, le patron d'Antoine. Et tout aussi
naturellement, celui-ci sera rapidement intégré au groupe qui,
comme à son habitude et à divers degrés de ''sobriété''
évoqueront le sujet qu'ils connaissent et apprécient le mieux !
Celui des femmes. Et n'en déplaise à certains qui depuis se sont
érigés en pourvoyeurs de discours néo-féministes faisandés
(ceux-là même qui sans doute s'érigent en néo-écologistes ou en
anti-racistes 2.0), Le cœur des hommes 3
fonctionne
plutôt bien et ne s'acharne d'ailleurs pas systématiquement à
faire de la femme de la chair à canon pour messieurs prisant
exclusivement de celles-ci qu'elles leur offrent leur corps sans
réfléchir ! Manu n'a-t-il pas décidé de se ranger des
conquêtes féminines et de rester désormais fidèle à sa femme
Nanou (Catherine Wilkening) malgré l'annonce par son assistante de
l'existence d'un fils de dix ans qu'il n'a jamais connu ? Quant
au couple que forment Manu et Juliette (Florence Thomassin) ne
demeure-t-il pas très touchant, surtout lorsque celle-ci annonce à
son homme qu'elle est atteinte d'un cancer du sein ? Peut-être
ne faudrait-il pas voir à travers ce troisième opus qu'un ramassis
d'échanges misogynes entre quatre potes mais plutôt une comédie à
la cuisse légère, où les femmes n'ont peut-être que trop rarement
le droit à la parole, il est vrai, mais dont la multiplication à
l'écran témoigne ici de cet amour, de cette passion qui peut-être
se cache au fond derrière le script évidemment très masculiniste
de Marc Esposito. Les pourfendeurs de ce cœur
des hommes 3
seront sans doute alors ravis d'apprendre que les volets 4 et 5
auxquels rêvait pourtant Marc Esposito ne verront probablement
jamais le jour...



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