Ça me ronge l'esprit...
Tandis que je m'étais rendu dans ma salle de cinéma préférée
pour y découvrir le dernier long-métrage de Paul Feig, je m'y
endormi au bout d'une demi-heure. Trente minutes intenses qui ne
semblaient pas m'avoir menti sur la marchandise. Le livre à
l'origine du film ? La
femme de ménage
de la romancière américaine Freida McFadden. Pas lu et c'est tant
mieux. La bande-annonce ? Pas vue et là encore, c'était le
meilleur choix à faire. Débarquer au cinéma vierge de toute
information. De toute donnée qui aurait pu révéler des indices
permettant de savoir par avance ce qui se cachait derrière
l'intrigue. Il fallait donc que j'y retourne une seconde fois. Après
avoir vidé un tube entier de Vitascorbol
C500.
Je me rendais donc dès le lendemain en salle... Mais entre-temps,
tout fier d'avoir pu au moins découvrir la première demi-heure de
La femme de ménage lors
de la première projection, c'est avec un melon gros comme une
pastèque et des chevilles aussi épaisses qu'un poteau électrique
que je décidais de diffuser l'information autour de moi et selon
laquelle le film de Paul Feig était une sacrée expérience. Alors
même que je n'en avais découvert que le tiers. Ouais, ça me ronge
l'esprit. Car une fois à nouveau sorti de la sallede cinéma après
avoir cette fois-ci découvert le film dans son intégralité, ce fut
la complète déconvenue. Et dire que dans mon entourage, certains se
sont peut-être précipité au cinéma par ma faute pour le découvrir
à leur tour... Certes, La femme de ménage n'est
pas un mauvais film. Sydney Sweeney est toujours aussi mignonne et le
Beau Mâle qu'elle va côtoyer (l'acteur Brandon Sklenar) ne laissera
sans doute pas indifférente la gente féminine. Du moins, jusqu'à
un certain point. La jeune interprète incarne le rôle de Millie,
une ancienne détenue qui après avoir passé les dix dernières
années de sa vie derrière les barreaux est sans emploi et dort dans
sa voiture. Ayant échappé aux cinq dernières années qui auraient
dû conclure sa période de condamnation, elle doit rendre des
comptes à son agent probatoire et trouver rapidement un emploi si
elle ne veut pas prendre le risque de retourner en prison. Le miracle
a lieu lorsque Nina Winchester (l'actrice Amanda Seyfried), une femme
mariée à un homme très riche, lui propose un emploi de femme de
ménage. En effet, étant enceinte, cette dernière pense confier les
tâches ménagères à sa future employée. Millie saute sur
l'occasion. Outre le ménage, la jeune femme sera chargée de faire
les courses ou de s'occuper de Cece (Indiana Elle), la fille du
couple. Si Andrew, l'époux en question s'étonne de voir débarquer
chez lui une nouvelle femme de ménage, Cece se montre carrément
hostile à sa venue. Installée sous les combles, Millie effectue
alors les tâches que lui confie la maîtresse de maison.
Mais
bientôt, de graves problèmes de comportement vont faire surface
chez Nina. Qui pour commencer accuse tout d'abord Millie d'avoir
égaré un texte qu'elle pris le soin d'écrire la veille. Bientôt,
l'ambiance devient étouffante. Et même si Andrew tente d'apaiser et
de rassurer Millie, la pression devient de plus en plus insoutenable
pour la jeune femme qui se sait innocente de tous les reproches que
lui fait Nina... Toute cette première partie du long-métrage est
impeccable ! Paul Feig réussit à instaurer un climat
oppressant et un sentiment de malaise véritablement palpable. De la
fiction un brin caricaturale à la réalité, il n'y a qu'un pas que
franchit allégrement le cinéaste qui s'y connaît lorsqu'il s'agit
de confronter le spectateur au mépris de classe dont est victime la
pauvre Millie. Une jeune femme qui au demeurant semble posséder un
fort caractère quand d'autres auraient ''lâché l'affaire'' après
deux ou trois remarques ou mensonges ! Décrivant dans cette
première partie un univers où l'américain moyen est ici représenté
par le personnage qu'incarne Sydney Sweeney, la jeune femme doit
faire face à des remarques incessantes, non seulement de la part de
son employeuse mais également des amies proches de celle-ci. Des
bourgeoises guindées qui forment avec Nina, l'élite de la société.
Du moins en apparence puisque Paul Feig traite le personnage de Nina
sous l'angle de la folie. Un personnage instable au moins aussi
flippant que n'importe quel boogeyman du bestiaire fantastique et
même parfois davantage puisque s'inscrivant dans le monde réel...
Et puis, la rupture arrive. Dans tous les sens du terme, au propre
comme au figuré. Entre les personnages, s'agissant du récit, mais
également pour le spectateur qui éventuellement pourrait réagir à
ma manière et devenir hostile face à la suite du spectacle. Comme
l'avait évoqué une amie, celle-là même qui me convainquît
d'aller voir le film, La femme de ménage
est effectivement empli de retournements de situations, mais se
transforme malheureusement en une sorte de romance/machination dont
on peut sentir que le récit repose sur un ouvrage écrit par une
femme tant le sujet transpire parfois l'engagement de certaines
cinéastes ou écrivaines néo-féministes pour tout ce qui touche à
la cause des femmes. Un fantasme ? Non, une certitude. Surtout
lorsque à la fin, un personnage très secondaire témoigne du
comportement violent de son époux. Autant dire que pour Freida
McFadden et pour Paul Feig qui semble adouber le roman dans son
ensemble, l'homme est un porc, adultère et agressif ! Mais ce
fut moins ce ''détail'' de l'histoire qui me fit plonger dans un
désintérêt presque total s'agissant de l'heure suivante que de
découvrir que les apparences furent trompeuses alors même que
j'espérais découvrir un face à face sans cesse renouvelé entre
une employée et sa tyrannique maîtresse de maison. Je conçois
aisément que cet article manque d'objectivité. Le problème, ici,
n'a rien à voir avec l'interprétation ou la mise en scène. Il
s'agit juste d'une histoire de goût...
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"Mâle alpha" et "femme-enfant" (photo 2)... :-)
RépondreSupprimerTiens, lui j'en ai entendu parler, j'ai vu la b-a aussi je crois. Si l'occasion se présente, éventuellement...