Évoquons cette fois-ci le cas de Magdalena, vom Teufel
Besessen du
réalisateur, scénariste et monteur allemand Walter Boos. Un cas
très particulier s'agissant de ce film d'horreur sorti sur les
écrans un an après L'exorciste
de William Friedkin. Cinéaste spécialisé dans le cinéma pour
adultes porté sur les comédies érotiques, voilà qu'en 1974 le
bonhomme profite du succès outre-atlantique de ce qui deviendra
comme l'une des principales références en matière de possession au
cinéma pour tourner sa propre vision du phénomène. À la fidèle
traduction du titre allemand Madeleine,
possédée par le diable,
les distributeurs français lui préférèrent le très évocateur
Magdalena la
Sexorcisée.
En à peine un mot, l'on sait déjà à quoi s'attendre. Une version
érotisée du long-métrage de William Friedkin mais à la différence
duquel, l'héroïne du récit interprétée par l'actrice Dagmar
Hedrich n'est pas la victime d'un cas de possession perpétré par un
quelconque démon mais par l'esprit de son oncle récemment retrouvé
crucifié après qu'il ait été assassiné par un inconnu. Dans le
rôle-titre de Magdalena Winter, la jeune actrice se voue corps et
âme au principe même du film qui veut que cette très jolie
pensionnaire d'un institut pour jeunes filles va très rapidement (et
donc sans la moindre finesse psychologique) se muer en une véritable
ogresse du sexe. Sautant sur tout ce qui bouge, qu'il s'agisse de ses
colocataires, de sa directrice, des inconnus qu'elle croisera au
détour d'un chemin ou même du docteur Stone (Michae Hinz) qui plus
tard sera chargé d'étudier le cas de Magdalena avant de tomber sous
son charme, la jeune femme est, contrairement à la jeune Regan de
L'exorciste,
libre de ses mouvements. N'étant tout d'abord pas cantonnée aux
seuls quatre murs de sa chambre et demeurant véritablement instable
en ce sens où on ne sait jamais combien de temps dureront les temps
d'accalmie (lesquels vont se révéler assez rares), les scènes
durant lesquelles Dagmar Hedrich gesticule en nuisette (quand elle
n'est pas tout simplement à poil la plupart du temps) ont
semble-t-il l'effet inverse de celui recherché.
En
effet, difficile de ne pas sourire dans les premiers instants lorsque
l'actrice simule en solo des rapports sexuels avec une entité
invisible... Mais ne rêvons pas. Ici, rien de commun avec le
chef-d’œuvre The
Entity
signé
de Sidney J. Furie en 1982 dans lequel le réalisateur américain
relatait un authentique fait-divers autour duquel une femme avait
prétendument été la victime de viols perpétrés par une entité
invisible ! Avec Magdalena,
vom Teufel Besessen,
l'on est beaucoup plus proche du nanar que du classique du cinéma
horrifico-fantastique. Pourtant, il reste appréciable de voir
l'actrice allemande se démener avec un tel entrain... et sans le
moindre complexe puisque Walter Boos va la filmer sous toutes les
coutures et dans toutes les positions. Nue comme un ver, aussi
blanche qu'un patient atteint d'anémie, transpirant à grosses
gouttes et de profondes cernes sous les yeux, le réalisateur
parvient malgré tout à rendre sexy son interprète principale.
Encore faut-il être en mesure d'accepter ce perpétuel bourdonnement
de mouche qui renvoie à la morgue où fut autopsié l'oncle défunt.
L'intervention sonore de l'insecte renvoyant ainsi à l'imagerie
plutôt sordide de la nécrophilie puisque chaque fois que Magdalena
a... le feu au cul, l'on entend le battement d'ailes d'une mouche. Ce
même insecte nécrophage que l'on raccorde systématiquement à la
présence alentour de cadavres en putréfaction. Bref, si l'on ne se
voile pas les yeux à la vue des contours physiques de Dagmar
Hedrich lorsque l'actrice s'arrache les vêtements, le propos s'avère
parfois relativement déviant. Mais pas au point de choquer un public
conquis par l'aspect kitsch de certains environnements qui laissent
entendre que le film aurait été tourné entre la Bavière et le
Tyrol. Bière et musique du terroir accentuent le statut de nanar de
Magdalena, vom Teufel
Besessen.
Un film pas si dégueulasse que ça même si dans le domaine on a vu
beaucoup mieux. Et puis, il y a les scènes d'hystérie de l'héroïne,
sa propension à se foutre à poil et quelques séquences inspirées
comme celle où Magdalena vomit un serpent (qui fera ensuite
malheureusement les frais du script en étant piétiné du talon par
l'acteur Michael Hinz). Détail amusant, l'acteur Rudolf Schündler
qui tient ici le rôle du Père Conrad incarna un an plus tôt dans
L'exorciste
le personnage de Karl Engstrom. Oui, oui, il s'agit bien de celui qui
interpréta le rôle de l'employé de la famille Ma&cNeil qui
lors d'une réception se fit traiter de nazi par un certain Burke
Dennings alors pris de boisson...
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