Au cœur de la bataille
qui se joue entre le maire et les adjoints de la commune française
d'Allouville, et son curé (autour duquel se sont ligués les
villageois), un arbre. Le Chêne d'Allouville. Plus vieux
représentant de son espèce, dont l'âge est estimé à 1300 ans, et
qui risque de souffrir d'un projet d'élargissement. Une route doit
en effet être construite, et passant justement tout prêt de cet
ancêtre millénaire, le député Charles Crétois a prévu d'y
faire passer ce projet qui divise élus et villageois. Crétois peut
compter sur le maire du village auquel il a promit la légion
d'honneur. Afin de sauver leur précieux bien, les habitants
d'Allouville se réunissent autour du vieil arbre et barricadent le
village. Bientôt une compagnie de CRS débarque afin de les en faire
déloger...
Voici donc le récit de
ce long-métrage réalisé par le cinéaste français Serge Pénard
et dans lequel se retrouvent une nouvelle fois Bernard Menez et Henri
Guybet qui tournèrent déjà ensemble en 1975 dans Pas de
Problème de Georges Lautner et un an après Le
Chêne d'Allouville dans
Ça va faire mal !
de Jean-François Davy.
Le Chêne d'Allouville n'est pas que le cœur d'une intrigue écrite
à quatre mains par Alphonse Boudard et Serge Pénard mais existe
réellement. Situé au centre du village d'Allouville-Bellefosse, son
âge est estimé entre 800 et 1200 ans. Classé monument historique
en 1932, il a été en de multiples occasions le fruit de rénovations
consécutives au dégradations perpétrées par le temps et le
tourisme.
Concernant
l’œuvre de Serge Pénard, il s'agit avant tout d'une petite
comédie franchouillarde principalement interprétée par Bernard
Menez qui endosse ici l'habit de curé du village. A ses côtés,
Jean Lefebvre dans le rôle de son père, Albert Lecourt, Henri
Guybet dans celui du frère, ainsi que Pierre Tornade dans le rôle
du maire Henri Brainville et Philippe Nicaud dans celui de Charles
Crétois, le député. Le
Chêne d'Allouville,
c'est le combat presque inégal entre les autorités et une poignées
d'hommes et de femmes qui vivent par et pour leur terre. Serge Pénard
développe l'idée de respect. Envers la nature, l'environnement, et
tout ça à travers un village tout entier que le modernisme tente de
défigurer. Il décrit avec légèreté et simplicité, des querelles
de villages intestines. Bernard Menez , Jean Lefebvre et Henri Guybet
campent des paysans forts sympathiques qui ont le naïf sentiment de
pouvoir changer l'ordre des choses. D'une certaines manière, le
cinéaste se moque ouvertement des autorités ici représentées par
la Gendarmerie, la compagnie de CRS et le maire (voir la scène
durant laquelle deux CRS urinent devant une grange). Pierre Tornade
paraît interpréter le même éternel rôle auquel il nous a souvent
habitués. Lui est adjoint le personnage de Roger Dubois,
« nerveusement » interprété par l'excellent François
Dyrek.
L'aventure,
si elle n'est pas vraiment drôle, permet tout de même de passer un
agréable moment. Bernard Menez y interprète l'un de ses meilleurs
rôles (l'expression demeurant toute relative). Le
Chêne d'Allouville
mérite mieux que l'étiquette de nanar qu'on lui colle un peu trop
facilement...




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