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samedi 4 juillet 2026

Cycle Bernard Menez - Le chêne d'Allouville de Serge Pénard (1981) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Au cœur de la bataille qui se joue entre le maire et les adjoints de la commune française d'Allouville, et son curé (autour duquel se sont ligués les villageois), un arbre. Le Chêne d'Allouville. Plus vieux représentant de son espèce, dont l'âge est estimé à 1300 ans, et qui risque de souffrir d'un projet d'élargissement. Une route doit en effet être construite, et passant justement tout prêt de cet ancêtre millénaire, le député Charles Crétois a prévu d'y faire passer ce projet qui divise élus et villageois. Crétois peut compter sur le maire du village auquel il a promit la légion d'honneur. Afin de sauver leur précieux bien, les habitants d'Allouville se réunissent autour du vieil arbre et barricadent le village. Bientôt une compagnie de CRS débarque afin de les en faire déloger...
Voici donc le récit de ce long-métrage réalisé par le cinéaste français Serge Pénard et dans lequel se retrouvent une nouvelle fois Bernard Menez et Henri Guybet qui tournèrent déjà ensemble en 1975 dans Pas de Problème de Georges Lautner et un an après Le Chêne d'Allouville dans Ça va faire mal ! de Jean-François Davy.
Le Chêne d'Allouville n'est pas que le cœur d'une intrigue écrite à quatre mains par Alphonse Boudard et Serge Pénard mais existe réellement. Situé au centre du village d'Allouville-Bellefosse, son âge est estimé entre 800 et 1200 ans. Classé monument historique en 1932, il a été en de multiples occasions le fruit de rénovations consécutives au dégradations perpétrées par le temps et le tourisme.

Concernant l’œuvre de Serge Pénard, il s'agit avant tout d'une petite comédie franchouillarde principalement interprétée par Bernard Menez qui endosse ici l'habit de curé du village. A ses côtés, Jean Lefebvre dans le rôle de son père, Albert Lecourt, Henri Guybet dans celui du frère, ainsi que Pierre Tornade dans le rôle du maire Henri Brainville et Philippe Nicaud dans celui de Charles Crétois, le député. Le Chêne d'Allouville, c'est le combat presque inégal entre les autorités et une poignées d'hommes et de femmes qui vivent par et pour leur terre. Serge Pénard développe l'idée de respect. Envers la nature, l'environnement, et tout ça à travers un village tout entier que le modernisme tente de défigurer. Il décrit avec légèreté et simplicité, des querelles de villages intestines. Bernard Menez , Jean Lefebvre et Henri Guybet campent des paysans forts sympathiques qui ont le naïf sentiment de pouvoir changer l'ordre des choses. D'une certaines manière, le cinéaste se moque ouvertement des autorités ici représentées par la Gendarmerie, la compagnie de CRS et le maire (voir la scène durant laquelle deux CRS urinent devant une grange). Pierre Tornade paraît interpréter le même éternel rôle auquel il nous a souvent habitués. Lui est adjoint le personnage de Roger Dubois, « nerveusement » interprété par l'excellent François Dyrek.

L'aventure, si elle n'est pas vraiment drôle, permet tout de même de passer un agréable moment. Bernard Menez y interprète l'un de ses meilleurs rôles (l'expression demeurant toute relative). Le Chêne d'Allouville mérite mieux que l'étiquette de nanar qu'on lui colle un peu trop facilement...

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